• A toi pour l'éternité by Daniel Glattauer

    A toi pour l'éternité by Daniel Glattauer A toi pour l'éternité by Daniel Glattauer

    A toi pour l'éternité by Daniel GlattauerRésumé de l'éditeur/

    Par hasard, Judith rencontre Hannes dans un supermarché. Quelques jours plus tard, il entre dans sa boutique de luminaires. Hannes est architecte, il est craquant, le gendre dont rêve toute belle-mère. Les amies de Judith tombent sous le charme. Alors pourquoi Judith n'arrive-t-elle pas à se laisser aller et à profiter de l'occasion ?

    Daniel Glattauer prouve à nouveau son talent d’analyste des relations amoureuses. Son écriture au scalpel fait mouche pour cette descente aux enfers sentimentale. Delphine Peras, L’Express.

    En instillant un poison lent dans le philtre de l’amour, l’écrivain crée le malaise, réussit à transformer la romance en suspense haletant. Et brocarde au passage les rites et les tics des amants modernes. Philippe Chevilley, Les Échos.

    Ce que j'en ai pensé Une Saison à Longbourn by Jo Baker

    Après avoir évoqué le thème du pervers narcissique dans un précédent article, je vais vous parler d’un roman qui tombe à pic étant donné qu’il traite justement de ce sujet. Pour la petite info, j’ai découvert la plume de Daniel Glattauer avec son dyptique : Quand souffle le vent du nord et La septième vague et non pas avec ce roman-ci.

    Daniel Glattauer est un auteur de génie, j'ai lu ces quatre romans et j'ai hâte qu'il en écrive d'autres. <3

    Un malaise, voilà ce que j’ai ressenti tout au long de cette lecture. De prime abord, une rencontre banale se déroule entre deux êtres dans un supermarché, Une relation tout aussi banale ou plutôt lambda se développe entre nos deux protagonistes principaux. Et pourtant, quelque chose  ne va pas, quelque chose nous contrarie, mais nous n’arrivons pas forcément à mettre le doigt dessus. Au fil de notre lecture cette sensation s’accentue et des signes sont là pour nous l’indiquer. Après tout, cette rencontre ne se déroule pas sous les meilleurs auspices, Hannes écrase les pieds de Judith, c’est banal certes, mais c’est un signe à mes yeux comme Hannes qui essayera d’écraser Judith durant tout le roman d’une façon nuancée, subtile mais tellement manipulatrice et abjecte. Il est dit qu’elle ressent alors une « douleur aigue » et cette douleur, Judith la ressentira un certain temps. Jolie figure de style ! Bien sûr, j’avais déjà des tonnes de préjugés sur Hannes après avoir lu la 4ème de couverture et j’ai essayé de déceler les traits de caractère de la perversion et de la manipulation dans les traits de ce personnage.

    « Sept heure seize. Elle est éveillée mais n’a pas envie de se lever. Pas de force motrice. Pas de raison d’ouvrir les yeux. Que lui manque-t-il ? Qui lui manque-t-il ? Lui manque-t-il l’homme à ses côtés, le protecteur, qui est toujours là pour elle ? Qui la prend dans ses bras ? Qui la caresse. Qui se presse contre elle. Qui la couvre de son corps. Grâce auquel elle se sent bien dans sa peau. Grâce auquel sa respiration devient haletante. Grâce auquel elle tremble de joie et d’excitation ? A-t-elle perdue l’envie ? Rien d’autre que des pensées sombres, noir sur gris. »

    On se rend compte de la gravité de la situation lorsque, même la famille de Judith, tombe sous la coupe dévastatrice d’Hannes notamment la mère de Judith, son  frère Ali etc… Ceux-ci vont prendre le parti d’Hannes plutôt que celui de Judith ! Mais Hannes manipule à merveille, apporte son soutien, fait des choses dans le dos de la jeune femme et au final c’est elle qui va passer pour une hystérique ingrate. Cela a également lieu auprès de ses amis, il y aura juste Lukas son ex avec qui elle est restée ami qui la soutiendra. Lorsqu’elle explose, elle passe pour l’insatisfaite, l’égoïste. Heureusement elle trouvera un soutien inespéré chez sa jeune assistante Bianca et son petit ami. Les seuls à la croire, les seules à ne pas la juger et à essayer de percer la vérité au sujet de l’énigmatique Hannes, qui paraît si fade aux premiers abords. Difficile de ne pas craquer quand tout le monde se ligue contre vous, même la famille. Les événements iront assez loin comme vous vous en doutez. Le personnage de Hannes est tellement faux, tellement fourbe, et plein de vilenie et pourtant tout ça ne ne se voit pas, cette vilenie n’est pas palpable et c’est d’autant plus effrayant. Ce personnage est abject, j’ai ressenti une grande haine à son égard, j’ai plaint Judith. On s’apitoie énormément sur elle. On craint comme elle qu’il n’arrive quelque chose. On s’interroge beaucoup, et ça pourrait prêter à de nombreuses interrogations sur les débuts d’une relation avec un inconnu, la notion de confiance de force/faiblesse, dominant/dominé mais tout cela décrit avec tellement de subtilité dans ce récit. Moi qui apprécie la psychologie et la psychanalyse j’ai été conquise par cet ouvrage. Au final le personnage de Hannes reste flou comparé à celui de Judith mais c’est justement ce flou qui nous inquiète, cette impossibilité de cerner le personnage. Il s’immisce dans tout « croyant bien faire » telle est son excuse, il demande pardon, ne prononce jamais un mot plus haut que l’autre, une telle personne existe-elle  ou est-ce factice ? On frise la paranoïa à la lecture de cet ouvrage. Judith devra trouver la force en elle de lutter contre cet être manipulateur et effrayant. Attendez-vous à une chute magistrale avec ce roman !

    Ma Note : 16/20! <3

    C'est tout à fait le genre de livre qui met quelque peu mal à l'aise mais il est vraiment prenant!

    « La seule préoccupation de Judith, les jours suivants – août était arrivé, alors qu’elle était plus angoissée que jamais – fut de faire passer le temps. Elle était toute entière occupée à affamer l’intrus installé dans sa tête, à tel point qu’elle en oublia parfois de manger. La nuit, par peur de rêver d’avant-bras, elle fixait la lumière de ses lampes de Rotterdam, ses fleurs de cytise, jusqu’à ce que ses paupières se ferment. »

    A toi pour l'éternité by Daniel Glattauer

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  • Commentaires

    1
    Samedi 14 Mai 2016 à 09:30

    J'ai adoré ce roman qui m'a fait découvrir Daniel Glattauer. Il reflète parfaitement le sentiment des victimes je trouve, du moins celles qui réussissent à sortir la tête de l'eau. Ou quand l'amour devient prison.

      • Samedi 14 Mai 2016 à 09:32

        Exact, Judith comprends rapidement que quelque chose ne va pas et heureusement. J'ai trouvé le livre vraiment juste au vu du propos, oppressant, il nous mets vraiment dans l'ambiance! 

    2
    Dimanche 22 Mai 2016 à 13:01

    j'avais ressenti le même malaise avec un roman de Nicci french

      • Samedi 4 Juin 2016 à 09:43

        Je connais cette auteure de nom ça pourrait être bien sympathique de relire un roman dans ce registre :)

    3
    Vendredi 3 Juin 2016 à 13:58

    C'est cela qui est terrible avec ce genre de manipulateur, c'est que la victime passe pour la folle de service, éternelle insatisfaite...Les rôles sont inversés et la famille arrive à prendre fait et cause pour le bourreau... Cela doit être difficile de faire passer à travers un livre toute l'ambivalence de cette situation, tout le machiavélisme pervers du bourreau !

      • Samedi 4 Juin 2016 à 09:43

        Exact c'est vraiment effrayant, surtout quand même ta propre famille se ligue contre toi et il n"y a jamais de preuves concrètes qui plu est pour déceler ce type de manipulateur.

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